c17432a0e583251149e9cb2d785789f8_large

Bon bon bon...

Force est de reconnaitre que ce blog connaît un passage à vide depuis quelques mois...

Non pas que je ne crée plus, que je ne tricote, coud, bidouille plus (même si j'ai clairement ralenti le rythme qui n'était déjà pas bien violent)... mais plutôt que face aux divers évenements de ces derniers mois, je me suis retrouvée sans mots.

Le silence est un de mes mécanismes de défense, paradoxalement j'étouffe sous tout ce que j'aurais à dire. Sauf que le maelstrom monstrueux qui tourne dans ce qui me reste de neurones est tellement énorme que même les mots, tellement difficile à prononcer pour moi mais si faciles à coucher sur papier en temps ordinaire me font faux bond. La colère sourde prend le relais. Et il y en a. Parce qu'être obligée d'expliquer à mes enfants qu'il y a ENCORE eu un attentat, devoir les rassurer sur le fait qu'il y ait peu de chance que ça se produise chez nous, expliquer que la haine et la vengeance ne sont pas une solution (alors qu'en moi-même je les HAIS. Cordialement.),bref, revenir une fois de plus sur cette guerre absurde, ça a une légère tendance à me hérisser le système nerveux. (Ho la belle litote!)

Bref, je n'étais pas dans l'état d'esprit necessaire pour parler tricot, couture et raconter mes petites misères. J'ai donc continué mes petites bricoles dans mon coin, tricoté pour mon fils, pour la fille de mon double diabolique, dessiné un peu... même mis quelques projets en route, trouvé récement un petit boulot, et survécu dans la foulée à un déferlement d'emmerdes (au sens "propre" du terme, les égouts ayant refoulé dans nos caves). Bref, on a continué à vivre, malgré ça, malgré tout, malgré nous.

Cependant je suis convaincue qu'une part de futilité est une necessité de l'existance, pour affronter l'horreur d'un monde inhumain, dans lequel la monstruosité succède à l'atroce, où les quelques haineux ont plus de poids que la majorité des aimants...

Le fait est qu'àprès des dessinateurs, humoristes, quidams lambda qui profitent de leur samedi soir, "on" (faudrait vraiment trouver un autre pronom pour ces sous déchets lobotomisés) s'attaque au peuple belge, créatif, à l'humour surréaliste légendaire, le pays de la BD, des frites et de la bière et du Manneken-pis.Comem si ça ne suffisait pas de massacrer leur propre peuple. Et ça pue. C'est sencé nous faire peur et nous empêcher de vivre. Loupé. Je vais donc, petite personne insignifiante dans mon petit coin de France insignifiant, continuer à vivre, à créer, a essayer d'apprendre à mes enfants qu'il reste encore du beau et du bon. Essayer d'en offrir autour de moi. Parler de mes bêtises, si ça peut faire sourire. Je vais donc revenir, bientôt, parler dans le vide ou a quelques oreilles (oui enfin quelques yeux) égarées par ici par hasard, parce qu'en tant qu'Humains, on ne devrait jamais avoir à se taire et à s'empêcher de vivre, quelle que soit la force de l'ennemi qui cherche à nous réduire au silence et à la résignation.

ET SURTOUT:

Aimez-vous-bordel-e1359363624855

Graffiti anonyme, Butte aux Cailles, Paris 13